Vlahovic, échec et paradoxe de la Juve : seul CR7 a payé plus, mais jamais rien de mieux du marché

Vlahovic, échec et paradoxe de la Juve : seul CR7 a payé plus, mais jamais rien de mieux du marché

June 03, 2026

Il n’y a pas d’échec plus coûteux qu’une promesse qui ne se réalise jamais. C'est une phrase qui semble avoir été écrite spécifiquement pour raconter l'histoire de Dusan Vlahovic à la Juventus. L'aventure en noir et blanc de l'attaquant serbe a atteint le générique de fin, laissant derrière elle une longue traînée d'attentes trahies, d'occasions manquées et de chiffres qui donnent à réfléchir. Lorsque la Juventus décide de l'arracher à la Fiorentina en janvier 2022, l'opération est présentée comme le coup d'État destiné à inaugurer une nouvelle ère. Et les buts contre Vérone et Villarreal ont trompé tout le monde. Mais quatre ans plus tard, l'impression demeure d'une des opérations les plus décevantes et les plus coûteuses de l'histoire récente du club. Car Vlahovic n’était pas seulement un investissement important : il était le deuxième joueur le plus cher de l’histoire de la Juventus, juste derrière Cristiano Ronaldo. Et le rendement n’a jamais été à la hauteur de la facture finale. Un investissement de plus de 150 millions d'euros Pour comprendre les dimensions de l’échec, il faut partir des chiffres. La Juventus verse à la Fiorentina 70 millions d'euros, payables sur trois exercices. À cela, il faut ajouter 11,6 millions de cotisations de solidarité et de charges supplémentaires, ainsi que 10 millions supplémentaires de primes. Total : 91,6 millions d'euros pour le prix. Et après le prix, vient le contrat. Vlahovic part d'un salaire net de 7 millions d'euros par saison, destiné à croître progressivement grâce à une structure contractuelle qui paraît aujourd'hui difficile à comprendre. La première prime de fidélité entre en vigueur le 30 juin 2025, portant le salaire à 10,5 millions net. La deuxième augmentation arrive le 30 juin 2026, à hauteur de 12 millions. Compte tenu du coût brut des salaires et de toutes les charges connexes, la Vecchia Signora a largement dépassé les 150 millions d'euros d'investissement total. Un chiffre disproportionné par rapport à ce que l’avant-centre garantissait réellement sur le terrain. Ensuite, il y a un autre aspect qui a contribué à maintenir la haute estime de Vlahovic au sein de l'environnement de la Juventus : l'absence d'une véritable alternative. Depuis son arrivée, le club n'a jamais réussi à faire venir à Turin un attaquant capable de remettre sérieusement en question sa place de titulaire, à la seule exception des quelques mois de Kolo Muani qui a en effet laissé Dusan sur le banc sans trop de bruit. Année après année, le Serbe s'est retrouvé au centre du projet plus en raison de l'absence de concurrence que de l'écrasante supériorité démontrée sur le terrain. Cela a inévitablement contribué à une perception peut-être supérieure à la performance réelle. Dans d’autres grandes équipes européennes, de telles performances incohérentes auraient probablement conduit à des mises au banc plus fréquentes, voire à des pertes de place. A la Juventus, cependant, Dusan a continué à être la référence offensive presque par défaut. Une situation qui a fini par le protéger des conséquences de certaines périodes négatives et qui, indirectement, a alimenté sa survalorisation aux yeux d'une partie des supporters et des professionnels.