Bon retour à la normale. Un ami précieux et indispensable même pour les personnalités les plus éclectiques et imaginatives. Comme celui de Kenan Yildiz, très heureux d'avoir laissé derrière lui un mois d'avril sombre et frustrant, passé à compter les douleurs d'une tendinopathie rotulienne et à gérer une cheville qui, à l'approche du match contre Vérone, a commencé - tout d'un coup - à se mettre en colère. Un véritable chemin de croix pour lui, comme pour Spalletti, contraint d'en réduire l'utilisation pour éviter que ces problèmes chroniques ne se transforment en évanouissements bien plus inquiétants. Mais ceci - disions-nous - n'est rien de plus que la semaine zéro pour le Turc, puisqu'il aura l'occasion de préparer le match contre Lecce avec la tête tournée uniquement vers le terrain. Fini les contrôles, les thérapies ou les périodes de repos convenus avec le staff médical de la Juventus : pour la première fois depuis longtemps, Kenan - à la reprise de l'entraînement hier - a repris la routine de Continassa. Le vrai, fait sur le terrain et sueur spontanée, sans l'apport - encombrant - de kinés ou d'entraîneurs appelés pour dicter les rythmes de ses élans. Un souffle d'optimisme bien nécessaire pour mieux digérer le gâchis du match nul contre Vérone et envisager le prochain match à l'extérieur avec un peu d'optimisme en plus. Mais surtout pour Spalletti, sachant qu'il peut à nouveau compter sur la meilleure version de son meneur de jeu, et non plus le doublé timide et meurtri du dernier test à l'Allianz Stadium. Là-bas, Yildiz avait choisi de serrer les dents rien que pour être là. Même si cela aurait entraîné un copieux rationnement des idées offensantes. Le trio qui anime la Juventus Ce n'est pas un hasard si la Juve l'a peu cherché, préférant les attaques dans le couloir opposé (celui de Conceiçao) et laissant Cambiaso se dégager quelques mètres plus loin, mais avec de mauvais résultats. Et les raisons, en ce sens, répondent aussi largement aux conditions non optimales des deux autres dirigeants de la Juventus : Khephren Thuram et Weston McKennie. Le premier - comme Kenan - est entré sur le terrain après avoir souffert de problèmes au genou droit qui l'avaient obligé à travailler séparément pendant la semaine ; le second, cependant, semblait tout simplement essoufflé. Ou plutôt : pas aussi brillant que d'habitude en termes d'intensité. Et si l'on considère qu'entre buts et passes décisives, ce trio représente 58% du total saisonnier de la Juventus, le match est presque terminé. Mais l'état du Français - hier dans le groupe avec le reste de ses coéquipiers - s'améliore de jour en jour, et on est confiant qu'il peut lui aussi être au meilleur de sa forme pour le match contre Lecce. Un point crucial du point de vue de la Ligue des Champions : la balle de match de la semaine dernière étant épuisée, pour les Bianconeri la marge d'erreur frise désormais le total zéro. Côme, trois points derrière, a devant lui un calendrier très abordable, et la Roma (à moins un) fait encore une fois peur. En avant donc, les fidèles de Spalletti, à commencer par Yildiz lui-même, impatient et affamé face à son manque de but : le Turc n'a plus marqué depuis le 21 mars, et n'a jamais été sans but pendant plus de 5 matches consécutifs. Passons au trio défensif, composé de Kalulu, Bremer et Kelly. Aucun changement même à partir du milieu de terrain, où l'on devrait revoir McKennie, Locatelli, Thuram et Cambiaso. Aux côtés de Kenan, Chico est de retour : tous deux auront pour mission de déclencher le match entre Vlahovic et David. La condition physique du Serbe - décisif et ballon dans la seconde moitié du match contre Vérone - inspire confiance. En fait, on ne peut pas exclure que Spalletti puisse à nouveau le faire titulaire au centre de l'attaque, 162 jours après la dernière fois.